La médecine de demain en application(s)

La médecine du futur est à nos portes. Les secrets de l‘ADN et l‘essor des biotechnologies ouvrent la voie à des approches thérapeutiques personnalisées, anticipant le développement de la maladie et la réponse au traitement.

Personnaliser pour mieux soigner

Associée au décryptage du génome humain, l’apparition des biomédicaments (d’origine biologique), aujourd’hui disponibles (insulines, facteurs de croissance, anticorps monoclaux…) sont les porte-drapeaux d’une médecine qui se personnalise. Une prise en charge ciblée, étudiée en fonction de la « carte d’identité génétique » individuelle, associe efficacité maximum et effets secondaires réduits.

Avancées majeures : du préventif… au curatif et à l’auto-vaccination

Actuellement, les vaccins préviennent 28 maladies infectieuses et sauvent chaque année 2,5 millions d’enfants, selon une estimation de l’OMS. Les vaccins de demain iront encore plus loin. Qui aurait imaginé, il y a seulement dix ans, qu’un vaccin puisse protéger d’un cancer ? C’est maintenant une réalité (cancer du col de l’utérus). Demain, ils assureront une protection contre les maladies infectieuses, parasitaires, dégénératives ou encore les cancers et les addictions. De plus, le mode d’action des nouveaux vaccins créera des micro-organismes inoffensifs capables de stimuler notre système immunitaire moins chers que les produits actuels.

Médecine régénératrice : la greffe prend

La thérapie cellulaire est prometteuse dans le domaine de la médecine régénératrice. Elle permet une reconstruction in vivo en apportant les cellules dont le tissu ou l’organe lésé a besoin pour se régénérer. Ce type de médecine s’attaque principalement aux maladies dégénératives (Parkinson, Alzheimer,…). La thérapie cellulaire utilise les cellules souches embryonnaires pour deux raisons : leur régénération illimitée et la faculté de différenciation dans tout type de cellule. Aujourd’hui, de nouvelles cellules souches sont privilégiées : les cellules adultes. Leur utilisation résout deux problèmes : un d’ordre éthique (les cellules souches embryonnaires proviennent d’embryon humain), et l’autre d’ordre pratique (elles réduisent les risques de rejet immunitaire).

Le point de vue des Entreprises
du Médicament

  • Les problématiques liées à la médecine personnalisée (tests prédictifs, traitements sur mesure) sont, pour une part, éthiques et médicales. Mais elles sont aussi industrielles, et concernent à la fois la recherche fondamentale et appliquée. A terme, c’est l’indépendance économique de notre pays qui est en jeu.
  • Dans un contexte de concurrence internationale exacerbée, il convient d’inventer un nouveau « business model » qui ne s’appuie plus uniquement sur la recherche fondamentale. Faute de quoi, la France serait définitivement distancée par les Etats-Unis où la FDA et les NIH ont adopté une approche commune.
  • Le vaccin est en soi un paradoxe : à la fois médicament et outil de santé publique. Médicament « personnel » et altruiste, pour un bénéfice individuel et collectif. Il est porteur d’enjeux médicaux, mais aussi politiques et sociétaux, dont il faut tenir compte pour le faire accepter.
  • En revanche, le développement de la prévention primaire et secondaire de nombreuses pathologies (cardiovasculaires notamment), que ce soit sous forme médicamenteuse ou vaccinale, constitue un enjeu plus « simple » mais tout aussi majeur pour Les Entreprises du Médicament. D’une médecine curative, on voit une évolution vers une médecine de plus en plus préventive et la préservation du capital santé.
  • Les enjeux médicaux et économiques autour des cellules souches sont tels que la France ne peut plus se permettre de prendre du retard. Le moratoire instauré en 2004 jusqu’en 2011 doit être levé. C’est l’indépendance stratégique et scientifique de notre pays qui se joue là.